Componenti elettronici e circuiti stampati destinati al recupero di metalli e materie prime critiche attraverso l’urban mining.

Mines urbaines : les mines du futur sont déjà dans nos villes 

Les mines urbaines transforment les déchets et les produits en fin de vie en nouvelles ressources stratégiques pour l’Europe 

Pendant des décennies, nous avons imaginé les mines comme des lieux lointains, dissimulés sous terre. À l’avenir, elles pourraient se trouver dans nos villes : dans les bâtiments, les smartphones inutilisés, les batteries hors d’usage et les véhicules arrivés en fin de vie. 

Telle est la logique des mines urbaines : récupérer des matières premières critiques à partir des produits et des infrastructures qui existent déjà. Une stratégie de plus en plus importante pour l’Europe, qui vise à réduire sa dépendance aux importations de matières fondamentales pour la transition énergétique et numérique. 

Aujourd’hui, le pourcentage de matières premières critiques utilisées en Europe et provenant du recyclage n’est que de 1 %. C’est pourquoi la Législation sur les matières premières critiques a fixé un objectif ambitieux : d’ici 2030, au moins 25 % des besoins européens devront être couverts par la récupération et le recyclage. 

Le défi concerne des matières essentielles pour les batteries, les réseaux électriques, la mobilité électrique, les énergies renouvelables et les technologies numériques : lithium, cobalt, nickel, cuivre et terres rares. Des ressources pour lesquelles l’Europe dépend encore fortement de fournisseurs extra-européens. 

Un potentiel de plusieurs milliards de tonnes 

D’après le projet européen FutuRaM, d’ici 2050, les mines urbaines pourraient permettre de récupérer 4,1 à 5,7 millions de tonnes par an de matières premières critiques. Dans le scénario le plus favorable, cela permettra de couvrir jusqu’à 56 % des besoins européens. 

Cependant, le potentiel demeure en grande partie inexploité. En 2022, environ 5,2 millions de tonnes de matières premières critiques ont été injectées sur le marché européen, mais 1,4 million de tonnes seulement ont été récupérées. Les objets domestiques représentent eux aussi une réserve stratégique : dans les maisons européennes, on estime qu’il y a 700 millions de smartphones inutilisés. Or, ces appareils sont riches en cuivre, cobalt, lithium et terres rares. 

Les technologies qui fouillent dans nos poubelles 

Pour que cette transformation soit possible, de nouvelles technologies seront nécessaires : intelligence artificielle, vision par ordinateur, capteurs avancés et robotique améliorent aujourd’hui la capacité des installations à reconnaître et séparer les matériaux complexes. Les Passeports numériques des produits permettront en outre de connaître la composition et les caractéristiques des produits tout au long de leur cycle de vie, ce qui facilitera leur récupération et leur recyclage. 

L’exploitation des mines urbaines n’est donc pas seulement une pratique d’économie circulaire. C’est également une nouvelle stratégie industrielle. Les mines du futur pourraient très bien ne plus se trouver sous terre, mais dans les objets que nous utilisons au quotidien : une réserve de matières que l’Europe ne peut plus ignorer. 

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